Bilan à 1 an à l'Ecole Française de Yoga - 3ème partie

Publié le par Daniel

 

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La respiration est l’élément clé de toutes postures de yoga quelle soit faite en mouvement ou en statique et qu’elle soit faite en commençant par respirer par le haut de la cage thoracique ou par le ventre. Le souffle naturel nous traverse sans qu’on en soit conscient. Lorsqu’on prend conscience que l’on peut respirer de manière volontaire c’est à ce moment là que l'on parle de respiration. Tout ce qui touche à la respiration touche à l’émotionnel. En inspirant, j’accueile le monde extérieur en moi et en expirant je redonne de moi-même au monde extérieur.

Je regrette que pendant toutes les séances de yoga il n’y ait pas eu davantage d’exercices de respiration. Ce n'est seulement qu’en 4ème année qu’on aborde le pranayama de manière approfondie. Cela semble naturel car si on suit dans l’ordre les huit membres de l’ashtanga yoga, l’étude du pranayama se fait après l’étude des asanas.

 

Le yoga de l’énergie tel qu’il a été transmis par Roger Clerc, propose une  pratique sur le déplacement de la pensée intérieure c’est à dire du regard intérieur d’un endroit du corps pour le déplacer vers un autre endroit du corps. Ce regard intérieur suit les méridiens énergétiques de l’acuponcture ou les nadis de l’ayurveda. Ce yoga met en œuvre l’affinement de la sensibilité et du ressenti intérieur en mettant en relation le geste et le souffle. Tout le travail se fera par le regard intérieur sur les différents circuits d’énergie corporels. C’est un yoga qui fait travailler les énergies du corps tout en faisant travailler le physique. Je garde un merveilleux souvenir lors d’une séance avec Gianna au cours de la quelle on a travaillé l’ouverture de la ceinture scapulaire avec un travail du regard intérieur par la respiration sur les circuits énergétiques du bas vers le haut du corps. Ce fut une véritable révélation, un ressenti que je n’avais pas encore expérimenté. Le yoga est une expérience continuelle de son corps. J’aime bien entendre dire que pour une posture que l’on connaît bien il faudrait la faire à chaque fois comme si c’était la première fois ; comme si à chaque posture c'était une renaissance, ceci permet d’être un peu plus présent, d'être dans l’instant présent pour éviter d'être prisonnier de ces mémoires du passé qui sont solidement ancrées dans nos corps.

 

Le stage de fin d’année que j’ai fait en Avril avec Ananada du Yoga de l’énergie m’a permis d’explorer les espaces inconnus du corps. Une semaine entière passée à étudier chaque partie du corps chaque articulation dans le but de nous faire prendre conscience qu’un genou commence au niveau de la hanche et se termine à la cheville. Il est agréable de ressentir ses genoux de cette manière car tout se fait au niveau du ressenti. La pratique nous a permis de nous éveiller à de nouvelles sensations, plus subtiles, plus profondes. Naturellement le corps se retient, se crispe, se resserre, cela est un réflexe de défense. Le yoga permet justement de maîtriser ces crispations par le contrôle simultané de la respiration et de la posture. Il n’est pas facile de libérer le corps de ces contraintes car c’est toujours la mémoire qui vient se placer en avant. Encore elle….


Au bout de quelques mois de pratique, on a envie de faire un peu plus. C’est comme cela qu’une pratique quasi quotidienne s’est installée à la maison pour refaire les cours qu’on nous a donnés pendant la formation. Alors la pratique devient plus intense, on se surprend tôt le matin à pratiquer ce qu’on nous a enseigné le mardi dernier.

C’est ainsi après quelques mois de pratique, qu’on ressent rapidement une plus grande sensibilité à une lignée plutôt qu’à une autre. Pour moi le choix c'est orienté naturellement vers deux lignées qui vont ensuite être celles qui vont marquer mon enseignement du yoga.

 

En parallèle aux cours physiques, nous avons eu des cours théoriques. Nous avons eu une approche de l’anatomie adaptée au yoga, une introduction à l’histoire de l’hindouisme et l’étude d’un des textes majeurs du yoga, la Bhagavad Gîta.

 

Ecouter Giselle Siguier-Sauné nous raconter la Bhagavad Gîta fut un véritable bonheur.  Professeur, titulaire d’un DEA en histoire des religions et anthropologie religieuse, une passionnée de l’hindouisme, les cours de Giselle furent certes magistraux et passionnants. Pour ma part, il m’a été difficile de prendre correctement des notes. Je me suis alors laissé entraîner par ce chant mélodieux, par Arjuna ce Bhagavan qui arrête son char sur le champ de bataille afin d’éviter la guerre avec ses cousins. Le discours du Dieu Krishna concentre tout Le Yoga et tout cela sur le lieu du combat. Or sur ce champ de bataille la loi universelle cosmique, le Dharma est en parfaite équilibre. Enfreindre ces lois entraîne un déséquilibre qui met en péril l’univers, au niveau macrocosmique comme microcosmique.

 

Krishna va révéler à ce grand guerrier de la caste des Kshatriya, la sagesse divine grâce à laquelle on parvient au seigneur suprême. La réponse du maître à l’élève est que le salut ne vient pas à travers les œuvres comme la loi du karman, ni la loi du cycle des renaissances, ni celle du renoncement aux actions rituelles et non plus à travers d’une descendance et d’une richesse mais à travers le renoncement seul, la connaissance et la dévotion. Cette connaissance on la reçoit d’un maître, le rôle de celui-ci est d’aider le disciple à une connaissance autre à une dimension autre de la conscience. Tout ceci est un cheminement, celui du yoga.

En occident la plus part des personnes qui font du yoga en font pour être en forme, pour s’occuper de leur physique et pour le bien-être que cela leur procure. En orient, le yoga est essentiellement considéré dans son universalité avec surtout la lecture et l’étude des textes comme les védas, les Upanishads,  l’épopée du Mahabharata. C’est une discipline dans laquelle  le yoga physique est une des composantes et celui-ci se transmet plus qu’il s’enseigne. Dans le livre « Freud et le yoga »TKV Desikachar nous décrit l’enseignement qu’il a reçu de son père T Krishnamacharya: « Le professeur dévoile son savoir à mesure que l’élève avance dans son apprentissage…. Moins l’étudiant suit, moins il fait l’expérience concrète. Car le yoga est une transformation intérieure c'est-à-dire un changement à l’intérieur de la personne ».

Nous sommes ici en opposition au principe de l’enseignement occidental. Cependant, à partir du moment où l'on suit une formation en occident, il faut bien suivre ces orientations; j’ai pu ainsi apprendre à me laisser aller, à laisser le corps parler plutôt qu’a essayer de bien faire car il n’y a pas de compétition en yoga, il n’y a pas à se mesurer à d’autres élèves dans la salle. A 51 ans, je suis là et ici avec mon corps. Il faut être dans le ressenti de la posture et être à l’écoute de son corps et sentir ses réactions et ses vibrations. En faisant cette formation j’aimerai transmettre plus qu’enseigner car ce qui est intéressant c’est de voir l’élève de par lui-même se rendre compte qu’il y a autre chose que la simple posture.

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Publié dans yoga

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Y
<br /> <br /> Quel bonheur de vous lire! BRAVO!<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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